Un tiers des pharmaciens indépendants ‘échouent’ en tant qu'entrepreneurs
En moyenne, 13 heures de gestion d'entreprise en plus du ‘vrai travail de pharmacie’
Près de 6 prestataires de soins indépendants sur 10 (59 %) en Belgique, tels que les pharmaciens, les infirmièr.e.s et les kinésithérapeutes, ne se sentent pas suffisamment compétents en tant qu'entrepreneurs. Parallèlement, ces prestataires de soins de santé consacrent en moyenne 8 heures par semaine à des tâches opérationnelles telles que la gestion du personnel, la comptabilité, le marketing et les affaires juridiques, alors qu'ils souhaitent y consacrer beaucoup moins de temps. C'est ce qui ressort d'une étude récente réalisée par iVOX à la demande de l'assureur santé Curalia.
Les pharmaciens indépendants arrivent en tête de liste avec 13 heures de travail par semaine. Malgré les nombreuses heures qu'ils y consacrent, ils estiment eux aussi ne pas être suffisamment compétents dans ce domaine. Un tiers d'entre eux se ‘notent’ entre 0 et 4 sur 10 en termes de compétence en tant qu'entrepreneur.
En tant que pharmacienne indépendante depuis plus de 35 ans, je consacre une journée entière par semaine uniquement à l’administratif. Ce n’est pas ce que j’ai appris à l’université, et pourtant, c’est une part essentielle du métier. Les jeunes pharmaciens se retrouvent souvent démunis face à cette réalité. Mieux les former à l’entrepreneuriat leur permettrait de s’installer avec plus de confiance
7 pharmaciens sur 10 sont épuisés physiquement
Les pharmaciens ont une charge de travail particulièrement lourde en raison de leurs tâches opérationnelles. Ils consacrent en moyenne 34 heures par semaine aux soins et 13 heures supplémentaires par semaine aux tâches opérationnelles, notamment la comptabilité, la gestion du personnel et la réglementation. Il en résulte une semaine de travail moyenne de 47 heures. Il apparaît également que 7 pharmaciens indépendants sur 10 se sentent physiquement épuisés après le travail.
Par rapport aux autres prestataires de soins de santé, il est frappant de constater que les pharmaciens assument eux-mêmes la plupart des tâches opérationnelles. Lorsqu'ils ont besoin de conseils en matière d'entrepreneuriat, ils consultent principalement des conseillers financiers ou des collègues, ou cherchent eux-mêmes des solutions. En outre, l'étude montre que les pharmaciens ayant le statut d'employé n'envisagent pratiquement jamais de passer au statut d'indépendant. Ils attribuent une note faible de 4 sur 10 à la transition, principalement en raison du mauvais équilibre entre vie professionnelle et vie privée, du seuil d'investissement élevé et de la sécurité d'un salaire fixe.
Une formation et un soutien à l'entrepreneuriat sont nécessaires
La faculté des sciences de la réadaptation de l'université d'Hasselt reconnaît le problème et constate que la sensibilisation à l'entrepreneuriat chez ses étudiants augmente chaque année.
Bien que l'on y prête déjà attention dans nos cours, car le programme est déjà assez chargé, nous voyons les principaux avantages dans une formation supplémentaire et des cours de recyclage constants après l'obtention du diplôme.
L'université de Hasselt vient de lancer un master en « gestion d'entreprise et entrepreneuriat pour les (para)médecins ».
Sous le nom de « Club Curalia », Curalia prévoit également de nombreuses initiatives pour soutenir les prestataires de soins indépendants en leur apportant des connaissances et des outils liés à l'entrepreneuriat. Il s'agit notamment de chèques de formation pour les kinésithérapeutes, d'une heure de questions/réponses avec un avocat et de webinaires sur le droit de la distribution pour les pharmaciens ou la cybersécurité dans le secteur de la santé.
Les prestataires de soins sont formés pour soigner, pas pour être entrepreneurs. Ils doivent être mieux préparés pendant leur formation. Nous prenons des initiatives pour soutenir les prestataires de soins indépendants dans leur esprit d'entreprise tout en exerçant leur profession
À propos de l'étude
L'étude en ligne a été réalisée par l'institut de sondage indépendant iVOX auprès de 1793 prestataires de soins belges entre le 18 décembre 2024 et le 24 février 2025.